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La monétisation du Compte Personnel de Formation, ou quand l’état français ampute les droits à la formation des salariés

Publié le 8 janvier 2019

2019 commence fort.

J’en profite pour vous souhaiter une excellente année. Année qui risque d’être compliquée pour les personnes qui souhaiteraient se former en utilisant leur Compte Personnel de Formation (CPF). En effet, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » – un bel exemple d’antiphrase, puisque nous verrons que cette loi fait exactement le contraire de ce qu’elle dit – est entrée en vigueur ce 1er janvier 2019. Ce qui nous intéresse ici : la monétisation des heures de CPF.

Jusqu’ici, tout va bien…

Depuis 2015, les salarié.e.s du secteur privé bénéficiaient de 24h de formation par an, heures qui alimentent un compte personnel, et mobilisables directement par les concerné.e.s, sans accord de l’employeur si la formation se déroule hors temps de travail. Les formations éligibles doivent être certifiantes, et les certifications inscrites sur des listes nationales ou des listes de branches.

Ces heures de formation ne correspondaient pas à un montant défini : ce sont les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA) qui en fixaient le montant, et donc, chaque salarié disposait d’heures de formation valorisées entre 20 et 60 euros pour la majorité, en fonction des OPCA. La moyenne se situant autour de 40 euros par heure de formation. Les employeur.e.s cotisent auprès des OPCA, généralement, en fonction de la branche professionnelle de l’activité.

…ou presque !

Dans le cas de nos formations en anglais, avec cette valorisation, les plus chanceux pouvaient donc bénéficier de cours individuels, et les autres de cours en petits groupes. En d’autres termes, cela nous permettait de proposer à toutes et à tous des formations de qualité, malgré des inégalités parfois fortes entre les OPCA.

Il faut aussi noter que peu d’informations ont été données au public depuis la mise en oeuvre de ce dispositif : sur 45,6 millions de comptes potentiels, seuls 3,8 millions ont été crées, et seulement 1 million de dossiers ont été financés. Des chiffres qui laissent imaginer la manne d’heures non mobilisés, et auxquelles s’ajoutent les heures du dispositifs précédent (le DIF – droit individuel à la formation), d’après cet article des Echos, ce sont 2 milliards d’heures qui attendent sagement d’être utilisées par leurs bénéficiaires.

La moitié de vos droits viennent de s’évaporer

Ceci étant dit, revenons à nos moutons : la monétisation des heures de CPF. Désormais, ce ne sont plus des heures qui s’accumulent sur le Compte Formation des français.e.s, mais des euros. Les heures cotisées précédemment étant converties, à hauteur de 15 euros par heure – montant fixé par décret en novembre dernier.

Comparons ce montant avec la moyenne de 40 euros indiquée plus haut : c’est plus de la moitié des droits à la formation des salarié.e.s qui viennent de disparaître comme par magie. L’État argumentera de son côté que le coût horaire moyen “constaté” des formations est plus faible que cela : 23 euros par heure pour les salariés, 10 euros pour les demandeur.e.s d’emploi – on s’amusera éventuellement du fait que le coût des formations est tiré vers le bas par Pôle Emploi lui même, puisque les budgets rétrécissent chaque année, et incitent les organismes à diminuer le montant des devis, sous peine de les voir refusés.

Des formations de qualité en 2019 ?

Prenons un exemple pratique : une cliente me contacte pour faire une formation en anglais, elle dispose de 30 heures de formation sur son CPF. Auparavant, pour des cours en groupes, je pouvais lui proposer, en moyenne, un devis de formation à environ 25 euros par heure. Un montant qui me permettait de financer à la fois le coût de certification (test TOEIC) et ma propre rémunération de formateur, en formant des groupes de 3 ou 4 personnes.

Des petits groupes, et/ou des cours individuels pour certain.e.s : des conditions idéales pour l’apprentissage d’une langue, et pour proposer une formation personnalisée. Mais ceci n’est désormais plus possible. Avec la monétisation, et un budget total de 450 euros pour 30 heures de formation, et en prenant en compte le coût de la certification (environ 100 euros) j’ai désormais trois possibilités :

  • Proposer le même nombre d’heures de formation à ma cliente, en divisant par deux ma propre rémunération, et ce sans prendre en compte le temps administratif et le temps de préparation de la formation.
  • Doubler le nombre de personnes présentes dans mes groupes, et donc diminuer ma disponibilité pour chaque stagiaire, et donc la qualité de ma formation.
  • Diviser par deux la durée de la formation de ma cliente, et donc lui proposer une formation de 15 heures au lieu de 30, pour maintenir la qualité de ma formation. Malheureusement, avec un temps de formation divisé par deux, je crois que la qualité globale de mes formations sera tout autant impactée.

Un choix difficile

Certains organismes ont déjà fait le choix, et depuis longtemps, de proposer aux stagiaires des formations en “blended learning” : comprenez par là que la moitié (au moins) du temps de formation facturé sera effectuée devant un ordinateur muni d’un logiciel d’apprentissage, et l’autre moitié devant un formateur. Personnellement, je n’ai rien contre l’utilisation des nouvelles technologies pour faciliter la formation, mais je trouve ce genre de pratique au mieux inefficace, et au pire malhonnête. Comment peut-on vendre une formation “présentielle” ou l’on passera la moitié de son temps à parler devant un ordinateur ?

Vous l’aurez compris, je suis face à un dilemme : je n’ai pas envie de sacrifier la qualité de mes formations, et je souhaite pouvoir continuer à offrir des formations satisfaisantes à mes client.e.s. Je suis par ailleurs révolté par cette perte de droits pour les salarié.e.s, dont peu de publicité a été faite dans les médias français. J’espère voir une éclaircie à l’horizon, mais je crains que les mois prochains soient difficiles pour les acteurs de la formation professionnelle.

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